1744, août. Les monuments aux anciennes amours


En les revoyant moi-même après si longtems, j’éprouvai combien la présence des objets peut ranimer puissamment les sentimens violens dont on fut agité près d’eux. Je lui dis avec un peu de véhémence : O Julie, éternel charme de mon cœur ! Voici les lieux où soupira jadis pour toi le plus fidelle amant du monde. Voici le séjour où ta chere image faisoit son bonheur, et préparoit celui qu’il reçut enfin de toi-même.

Meillerie, août 1744 — Paris, 14 septembre 1997. La Nouvelle Héloïse, Quatrième partie, Lettre XVII

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