1744, août. Le chèvrefeuille


Ces guirlandes sembloient jettées négligemment d’un arbre à l’autre, comme j’en avois remarqué quelquefois dans les forêts, et formoient sur nous des especes de draperies qui nous garantissoient du soleil, tandis que nous avions sous nos pieds un marcher doux, comode, et sec sur une mousse fine sans sable, sans herbe, et sans rejettons raboteux. Alors seulement je découvris, non sans surprise, que ces ombrages verds et touffus qui m’en avoient tant imposé de loin, n’étoient formés que de ces plantes rampantes et parasites qui, guidées le long des arbres, environnoient leurs têtes du plus épais feuillage et leurs pieds d’ombre et de fraicheur.

Clarens, août 1744 — Oxford, Nuneham, 23 juillet 1997. La Nouvelle Héloïse, Quatrième partie, Lettre XI

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