J’étois sur les six heures à la descente de Menilmontant presque vis-à-vis du galant jardinier, quand des personnes qui marchoient devant moi s’étant tout à coup brusquement écartées je vis fondre sur moi un gros chien danois qui s’élançant à toutes jambes devant un carrosse n’eut pas même le tems de retenir sa course ou de se détourner quand il m’apperçut. Je jugeai que le seul moyen que j’avois d’éviter d’étre jetté par terre étoit de faire un grand saut si juste que le chien passât sous moi tandis que je serois en l’air.

Paris, 24 octobre 1776 — Paris, 29 juin 1998. Les Rêveries du promeneur solitaire, Deuxième Promenade

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