Bord de l’eau

« La comparaison entre l’apparence que prend une chose à tel ou tel endroit nous permet d’établir un indice de réfraction lié à certaines données toujours présentes mais variables, et donc de reconstituer ce que serait cette apparence si telle donnée était supprimée. Il s’agit d’utiliser l’imagination contre elle-même, et, à partir de ces demi-vérités trompeuses, de construire une fiction véridique qui nous permette de savoir où nous sommes et où nous en sommes. » (Michel Butor, « L’île au bout du monde », Répertoire III, p. 64.)

Le bord de l’eau, ligne de rencontre de l’opacité et de la transparence, milieu de réfraction des apparences, est le lieu par excellence de la mise en scène de la recherche de la vérité des êtres (note : Le lac). Pour Rousseau, qui s’est plu à s’asseoir sur un rocher pour voir ses larmes tomber dans l’eau (Confessions, p. 152), c’est le site désigné de l’autobiographie (Comme pour Jean-Luc Godard dans JLG/JLG).

Notes associées : Chute d’eau, Optique.