Bornes

« L’œuvre donne lieu à une différence qu’elle a reçue de l’expérience et qui passe en monde, fait un monde. Sa manière de la faire est son secret — décelable dans sa structure. Pour qu’il y ait un dedans où rentrer; pour qu’il y ait une différence entre Clarens, ce Heim du Heimkunft, et le reste du monde, et ainsi un monde par le jeu de cette différence, il faut qu’il y ait un dedans du dedans, un dedans qui se creuse, se retire, se soit retiré, en « lui-même ». » (Michel Deguy, « L’abîme de la Nouvelle Héloïse », La poésie n’est pas seule, p. 130.)

Rousseau, dont l’épisode de la « manufacture dans un précipice » (Rêveries, p. 1071) souligne la propension aux « réduits », donne en note de la lettre de Saint-Preux une indication pour un art des jardins : « On perdroit, il est vrai, l’agrément des points de vue ; mais on gagneroit l’avantage si cher aux propriétaires d’aggrandir à l’imagination le lieu où l’on est, et dans le milieu d’une étoile, assés bornée on se croiroit perdu dans un parc immense » (p. 483). Dans De la composition des paysages, le marquis de Girardin reprend le modèle d’une « vue pittoresque et bornée, convenable aux proportions d’un domicile ou d’une habitation » (pp. 41-42).

Notes associées : Île, Jardin, Loi, Maisons.