Fête

« Ce que le Contrat stipule sur le plan de la volonté et de l’avoir, la fête le réalise sur le plan du regard et de l’être : chacun est « aliéné » dans le regard des autres, et chacun est rendu à lui-même par une « reconnaissance » universelle. Le mouvement du don absolu se renverse pour devenir contemplation narcissique de soi-même : mais le moi ainsi contemplé est pure liberté, pure transparence, en continuité avec d’autres libertés, d’autres transparences : c’est un « moi commun ». » (Jean Starobinski , La Transparence et l’Obstacle, p. 121.)

La fête du « peuple entier » (Rêveries, p. 1085) est la réminiscence du rassemblement autour du point d’eau : « Là fut enfin le vrai berceau des peuples, et du pur cristal des fontaines sortirent les prémiers feux de l’amour. » (Essai sur l’origine des langues, O.C., t. V, p. 406.) Rousseau le révèle aussi dans la dimension douce-amère de souvenirs de jeunesse : l’aqueduc de Bossey (Confessions, p. 23) ; la fontaine de Héron (Confessions, p. 101).

Notes associées : Loi, Maisons.