Lyon

Vous consultez actuellement les articles indexés Lyon.


Deux jours après notre arrivée à Lyon, comme nous passions dans une petite rue non loin de notre auberge, Le Maitre fut surpris d’une de ses atteintes, et celle-là fut si violente que j’en fus saisi d’effroi. Je fis des cris, appellai du secours, nommai son auberge et suppliai qu’on l’y fit porter; puis tandis qu’on s’assembloit et s’empressoit autour d’un homme tombé sans sentiment et écumant au milieu de la rue, il fut délaissé du seul ami sur lequel il eut dû compter. Je pris l’instant où personne ne songeoit à moi, je tournai le coin de la rue et je disparus. Grace au Ciel j’ai fini ce troisiéme aveu pénible; s’il m’en restoit beaucoup de pareils à faire, j’abandonnerois le travail que j’ai commencé.

Lyon, avril 1730 — Lyon, 1er mai 1998. Les Confessions, Livre troisième

Mots clés :


Je me promenois dans une sorte d’extase livrant mes sens et mon cœur à la joüissance de tout cela, et soupirant seulement un peu du regret d’en joüir seul. Absorbé dans ma douce rêverie je prolongeai fort avant dans la nuit ma promenade sans m’appercevoir que j’étois las. Je m’en apperçus enfin. Je me couchai voluptueusement sur la tablette d’une espéce de niche ou de fausse porte enfoncée dans un mur de terrasse : le ciel de mon lit étoit formé par les têtes des arbres, un rossignol étoit précisement au dessus de moi; je m’endormis à son chant ; mon sommeil fut doux, mon réveil le fut davantage. Il étoit grand jour : mes yeux en s’ouvrant virent l’eau,la verdure, un paysage admirable.

Lyon, septembre 1731 — Lyon, 21 septembre 1997. Les Confessions, Livre quatrième

Mots clés :


Elle n’avoit rien ni moi non plus ; nos situations étoient trop semblables pour que nous pussions nous unir, et dans les vues qui m’occupoient j’étois bien éloigné de songer au mariage. Elle m’apprit qu’un jeune négociant appellé M. Genève paroissoit vouloir s’attacher à elle. Je le vis chez elle une fois ou deux ; il me parut honnête homme, il passoit pour l’être. Persuadé qu’elle seroit heureuse avec lui, je desirai qu’il l’épousât, comme il a fait dans la suite ; et pour ne pas troubler leurs innocentes amours je me hâtai de partir, faisant pour le bonheur de cette charmante personne des vœux qui n’ont été exaucés ici bas que pour un tems, helas, bien court : car j’appris dans la suite qu’elle étoit morte au bout de deux ou trois ans de mariage.

Lyon, juillet 1742 — Genève, 3 mai 1998. Les Confessions, Livre septième

Mots clés :