Mont Cenis

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Les monts, les prés, les bois, les ruisseaux, les villages se succedoient sans fin et sans cesse avec de nouveaux charmes, ce bienheureux trajet sembloit devoir absorber ma vie entiére. Je me rappellois avec delices combien ce même voyage m’avoit paru charmant en venant. Que devoit-ce être lorsqu’à tout l’attrait de l’indépendance, se joindroit celui de faire route avec un camarade de mon age, de mon gout et de bonne humeur, sans gêne, sans devoir, sans contrainte, sans obligation d’aller ou rester que comme il nous plairoit ? Il falloit être fou pour sacrifier une pareille fortune à des projets d’ambition d’une execution lente, difficile, incertaine, et qui, les supposant realisés un jour, ne valoient pas dans tout leur éclat un quart d’heure de vrai plaisir et de liberté dans la jeunesse.

Mont-Cenis, été 1729 — Mont-Cenis, 6 juillet 1998. Les Confessions, Livre troisième

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